Nichée au cœur des paysages sauvages du Nunavik, la pourvoirie de la rivière aux Feuilles incarne une véritable histoire de passion, de résilience et de respect profond pour la nature. Depuis sa création en 1992 par Alain Tardif, cet endroit unique a traversé plusieurs étapes marquantes, passant d’un camp de chasse au caribou à un centre moderne dédié à la pêche sportive, à l’observation de la faune et à la photographie de la nature. La vision d’Alain, soutenue par son fils Louis, a permis de transformer cette pourvoirie en un lieu où l’aventure se vit de manière authentique, tout en intégrant une approche respectueuse de l’environnement.
Aujourd’hui, sous la direction de Louis Shecanapish-Tardif, la pourvoirie continue de se réinventer pour offrir une expérience immersive à ses visiteurs, en leur permettant de découvrir la richesse du Nunavik à travers des activités telles que la pêche au saumon, les expéditions photo et l’interprétation des écosystèmes locaux. Cette évolution s’inscrit dans un désir constant d’allier préservation de la nature, exploration responsable et émerveillement devant la faune et la flore exceptionnelles de la région.
C’est en 1992 qu’Alain Tardif, poussé par les conseils d’un pilote de brousse, découvre le secteur sauvage et majestueux de la rivière aux Feuilles, dans le Nunavik. Séduit par la beauté et la richesse de la faune et de la flore locales, il prend la décision d’y installer des camps rustiques. Ces camps étaient destinés à accueillir des chasseurs de caribou, une activité alors dominante dans la région. L’isolement, la tranquillité et la diversité de la faune en faisaient un endroit idéal pour pratiquer la chasse, et la pourvoirie se bâtit peu à peu une solide réputation parmi les passionnés de nature.
Au tournant du millénaire, face à la demande croissante de confort et à l’évolution des attentes des clients, Alain modernise les installations. De nouvelles infrastructures sont mises en place, rendant l’expérience plus agréable et adaptée aux standards de l’époque. En parallèle, la pêche est progressivement intégrée à l’offre, ajoutant une nouvelle dimension à la pourvoirie tout en restant fidèle à l’esprit du lieu. Les forfaits combinant chasse au caribou et pêche commencent à attirer une clientèle variée, appréciant l’équilibre entre la rigueur de la chasse et le plaisir de la pêche.
En 2017, un événement majeur bouscule l’industrie de la chasse dans la région : la fermeture complète de la chasse sportive du caribou. Cette décision impose une profonde remise en question de la direction future de la pourvoirie. Après une période de réflexion, Louis Shecanapish-Tardif, fils d’Alain et présent aux côtés de son père depuis les débuts de la pourvoirie, prend la décision de transformer l’offre. Il reprend la gestion des lieux et oriente l’activité vers la pêche sportive, en se concentrant principalement sur le saumon atlantique et la truite. Ce virage stratégique marque une nouvelle ère pour la pourvoirie, orientée vers des activités plus respectueuses de la faune locale et des écosystèmes fragiles.
Dès 2018, la pourvoirie continue son évolution, visant à devenir un centre de choix pour les pêcheurs de haut niveau, en particulier ceux passionnés par le saumon atlantique. Afin de répondre à cette clientèle exigeante, les installations sont continuellement améliorées, offrant un confort moderne sans altérer l’authenticité du cadre naturel.
Dans le même temps, la photographie de la faune et de la flore devient une composante essentielle de l’expérience proposée. La pourvoirie se distingue ainsi en offrant non seulement des séjours de pêche, mais aussi des forfaits photo-safari et des activités d’interprétation de la nature, permettant aux visiteurs de capturer des images uniques du caribou, des espèces locales, ainsi que des paysages spectaculaires du Nunavik. Cette approche novatrice permet de marier l’amour de la nature avec une conscience écologique et de renforcer l’engagement de la pourvoirie envers la conservation du territoire.
Vers 1994, Alain a acheté un petit bulldozer à Québec. Il l’a démonté pièce par pièce et l’a expédié dans un conteneur maritime à Kuujjuaq. De là, le bulldozer a été transporté par avion, sur roues, à bord d’un Twin Otter, jusqu’à un lac où Alain avait installé un camp de chasse. Une fois sur place, ils ont remonté l’engin et commencé à effectuer des travaux.
L’hiver suivant, Alain et son associé inuit de l’époque ont pris le bulldozer et l’ont conduit jusqu’au camp de la Rivière aux Feuilles, situé à environ 100-120 km de là. Le voyage devait durer environ une semaine, mais ils ont rapidement été rattrapés par un blizzard qui les a bloqués pendant huit jours. La situation est devenue critique, mais une fois le mauvais temps passé, ils ont finalement réussi à atteindre leur destination, bien que cela ait été un véritable défi.
Cette expédition a permis de créer des pistes d’avion vers le camp de la Rivière aux Feuilles, une avancée majeure qui a facilité l’expansion de la pourvoirie. Cela a ouvert la voie à des opérations plus efficaces, avec l’utilisation d’avions plus adaptés, fiables et rentables pour desservir le camp et ses activités.